Comité de Liaison des Associations Nationales de Rapatriés  
Comité de liaison (CLAN-R)

EDITORIAL DU 17 Décembre 2012

VISITE D’ÉTAT DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EN ALGÉRIE

Vers des relations apaisées entre la France et l’Algérie ?

Le chef de l’État se rend en Algérie, en visite d’État, comme l’avaient fait, avant lui, le Président Chirac en 2003 et le Président Sarkozy en 2007. Le Président de la République veut normaliser les relations entre l’Algérie et la France. On ne peut que s’en réjouir. Les deux pays sont si intimement liés que l’histoire de leurs relations ne ressemble à aucune autre ; comme nous l’avons souvent dit, la relation entre la France et l’Algérie ne relève pas seulement des Affaires étrangères, elle relève aussi des affaires intérieures. Les deux pays ont l’obligation de s’entendre.

S’il ne s’agissait que des peuples, la question serait réglée depuis longtemps ; le peuple de France n’a aucune difficulté à s’entendre avec le peuple d’Algérie et vice versa.

Malheureusement, il n’en va pas tout à fait de même entre les gouvernements des deux pays où le calcul et les combines de politique intérieure, des deux côtés, prévalent. Rien ne peut jamais se faire spontanément, tout doit toujours attendre le moment favorable à l’échange.

Quand sortira-t-on de ce cercle vicieux ? Quand cesseront donc les atermoiements ? Quand laissera-t-on enfin les peuples se rencontrer ?

Rien, en fait, ne sera possible sans l’expression claire de la vérité. Il ne s’agit pas seulement de dire que l’on va « tenir un langage de vérité », il s’agit de la dire, et de la dire vraiment.

Ce n’est que lorsque cette vérité sera vraiment dite qu’il sera possible d’espérer.

Pour préparer sa visite d’État, le Président de la République a « accompli des gestes » susceptibles de satisfaire les autorités algériennes, mais que ne demande pas la population, infiniment désireuse de « tourner la page ». Prise de position à propos des événements du 17 octobre 1961, vote, suscité par l’Elysée, de la loi faisant du 19 mars une journée nationale du souvenir.

Que recevra-t-il en échange ? Obtiendra-t-il une garantie de protection et de respect des cimetières chrétiens et juifs d’Algérie régulièrement profanés et dévastés ? Obtiendra-t-il que les Français nés en Algérie puissent disposer enfin de leurs archives d’État-civil ? Obtiendra-t-il que ceux-ci - y compris, évidemment, les Harkis - puissent librement circuler entre la France et l’Algérie, et ce sans avoir à requérir un visa ? Obtiendra-t-il, surtout, des informations sur les Disparus ?

Les Disparus ! Le sujet tabou ! Des milliers de personnes ont disparu pendant la guerre d’Algérie - civils et militaires - pour leur immense majorité à partir du 19 mars et jusqu’au-delà de la proclamation de l’indépendance. De dizaines de milliers de Harkis on ne sait plus rien à partir du jour où ils ont été désarmés sur ordre du gouvernement français.

Le Gouvernement français pourra-t-il, un jour, dire clairement ce qui s’est passé ? pourra-t-il un jour dire aux familles ce que sont devenus ceux dont ils n’ont plus jamais eu de nouvelles ? L’État aura-t-il le courage d’admettre sa propre responsabilité dans les drames survenus après le 19 mars 1962, dans l’abandon des populations qu’il avait le devoir de protéger.

La France est le seul pays du monde occidental à demeurer dans le silence absolu, voire dans le déni, sur ces questions. De réelles bonnes relations d’État à État ne peuvent se construire seulement par le truchement de cadeaux respectifs et d’actes de repentance qui n’ont aucun sens et qui, de surcroît, pourraient laisser supposer qu’il n’y eut de torts que d’un seul côté.

Les relations entre les États français et algérien ne pourront être normalisées que lorsqu’aura été fait, honnêtement, ce nécessaire travail de vérité, et ceci ne peut passer que par la constitution d’une commission mixte « Vérité et réconciliation » ; une commission qui, bien sûr, ne serait pas constituée uniquement de représentants des États. Il est grand temps de donner aussi la parole à la société civile.

Denis Fadda

Articles les plus récents


Une " Rue des Harkis" à Dreux.

mardi 22 septembre 2009
Évènement à DREUX > suite


Les Cimetières d’Oranie- Action du C.S.C.O

mardi 22 septembre 2009
Action du C.S.C.O pour les cimetières d’Oranie > suite


Les cimetières d’Algérie-Action de l’A.S.C.A

mardi 22 septembre 2009
Action de l’Association pour la Sauvegarde des Cimetières d’Algérie > suite


Contentieux Franco-Tunisien par M. ORRAND Gilbert

vendredi 18 septembre 2009
Courrier de M. Gilbert Orrand, Président de l’A.D.E.P.T, association membre du CLAN-R Pour les adhérents selon certaines informations, il deviendrait de plus en plus difficile d’obtenir le quitus fiscal nécessaire au transfert d’une cession, réalisée à bas prix après plusieurs années de négociations (...) > suite


Retraites

vendredi 18 septembre 2009
Extrait de la plate forme de revendications du CLAN-R > suite


Contentieux immobilier Franco-Tunisien

jeudi 17 septembre 2009
Extrait de la plate forme de revendications du CLAN-R > suite


C’était le 13 mai 2008 à Marseille. L’espérance trahie

mardi 15 septembre 2009
manifestation de marseille le 13 mai 2008 > suite


Jocelyne Mas : l’Algérie au cœur

lundi 7 septembre 2009
Jocelyne Mas nous emmène dans ce pays qu’elle aime tant. Tout au long des ouvrages, aux multiples récompenses, son amour pour l’Algérie éclaire le lecteur, qui se reconnaissant parfois un peu dans le récit, l’oeil un peu humide d’une éternelle nostalgie, fait le salutaire chemin de la mémoire. "Les (...) > suite


36 ème Congrès National du Cercle Algérianiste

jeudi 3 septembre 2009
Congrès du Cercle Algérianiste à Aix en Provence > suite


Question N° 09075 (Sénat)- Sujet : Protection Pénale des Harkis

lundi 24 août 2009
Question N° 09075 du 11 06 09, posée par Mme la Sénatrice Colette Giudicelli et réponse du secrétaire d’Etat aux anciens combattants > suite

Mentions légales | Mail | Plan du site | Rédaction | Statistiques | visites : 275730

1.9.2a + ALT      RSS fr