Comité de liaison (CLAN-R)

Le calvaire des prisonniers des camps Vietminh-INDOCHINE 1946-1954

vendredi 18 octobre 2013

Durant la journée, les corvées sont nombreuses et épuisantes pour ces hommes décharnés, privés de soins et très peu nourris. Celui qui ne peut ou ne veut plus se lever, par épuisement ou désespérance, est voué à une mort rapide.

Les séances de lavage de cerveau et de " cours politiques ", régulières, longues et obligatoires, demandent un simulacre de participation et aboutissent à des manifestes d’autocritique et d’endoctrinement que les prisonniers doivent signer, sinon le pire leur est réservé.

Parfois des séances de tribunal populaire sont organisées avec les détenus pour juger un ou plusieurs "fautifs". Tous subissent des traumatismes importants dus au viol psychologique de l’endoctrinement, des séances d’autocritique et d’encouragement à la délation.

Le parti communiste français, très mobilisé contre la guerre d’Indochine et le corps expéditionnaire, soutient ouvertement le Vietminh.

A cet égard, le député Frédéric Dupont s’indigne à l’Assemblée nationale de ce que " l’Humanité du 6 mars 1952 puisse écrire : félicitations au succès du Vietminh. Nous sommes de cœur avec lui. Nous envoyons aux troupes du Vietminh notre fraternel salut et notre témoignage de solidarité agissante."

Au cours de la même séance, le député Pierre André déclare " Depuis plusieurs jours, l’Humanité publie des articles de M. Pierre Courtade sur l’Indochine. Ce journaliste y parle des armées de l’Union française en termes insultants. Il fait mieux : il appelle nos officiers et nos soldats l’ennemi. " (A.N 2ème séance du 19 décembre 1952 JO p. 6643 et 6647). Comme d’autres partis communistes, le parti communiste français conseille le Vietminh sur les thèmes de propagande à développer auprès des prisonniers du CEFEO. Certains de ses militants iront même jusqu’à accueillir avec des insultes et des jets de projectiles voire des crachats, les rescapés qui débarquent à Marseille, y compris les "morts vivants" sur leurs civières.

Une mortalité sans précédent (thèse du Colonel R Bonnafous (Université Paul Valery 1985)
Soldats français et Légionnaires 12 800 prisonniers ou disparus
5 100 libérés
Soldats africains et nord-africains 8 400 prisonniers ou disparus
4 200 libérés
Soldats autochtones 15 800 prisonniers ou disparus
1 400 libérés soit moins de 10%

Sources : documentation de l’ANAPI (Association nationale des anciens prisonniers, internés et déportés d’Indochine) Yves de Sesmaisons, ancien des camps 15, 113 et 25 en 1951/52

Gilles Bonnier

(Extrait de la plaquette d’exposition -INDOCHINE – réalisée en 2009 à Paris dans le 7eme arrondissement )

http://www.clan-r.org/portail/Expos...

Les camps de prisonniers Vietminh

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