Comité de liaison (CLAN-R)

Le 5 décembre du nouveau secrétaire d’état, M. Todeschini

mercredi 3 décembre 2014

Message de Monsieur Jean-Marc TODESCHINl Secrétaire d’Etat : aux anciens combattants et à la mémoire, auprès du ministre de la défense

A l’occasion de la

Journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie 5 décembre 2014

En cette journée nationale, un hommage est rendu aux soldats « Morts pour la France » durant la Guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie, ainsi qu’aux rapatriés d’Afrique du Nord, aux disparus et populations civiles victimes des massacres et exactions en Algérie et aux victimes civiles des combats du Maroc et de la Tunisie.

En cette Journée, nous nous souvenons du courage, mais également des souffrances endurées par ceux qui sont « Morts pour la France », appelés ou rappelés du contingent, militaires de carrière, membres des forces supplétives ou des forces de l’ordre, mais également des civils morts en Algérie, au Maroc ou en Tunisie et des disparus. Nous nous rappelons également la douleur de leurs familles et de leurs proches.

II est important de souligner que derrière les chiffres des morts se trouvent des hommes et des femmes, des parcours de vie singuliers faits de joies et de peines mais rassemblés par une même fin tragique en une même région du monde qui connut avec la France le meilleur comme le pire, les liens humains et la fraternité des combats comme les déchirements.

La Guerre d’Algérie, pour prendre le plus tragique de ces déchirements, fit des centaines de milliers de morts et causa le départ vers la métropole de centaines de milliers de rapatriés et de Harkis coupés de leur terre natale par un conflit qu’ils n’avaient pas voulu et dont ils portent la mémoire.

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Commentaires :

Le message du nouveau secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et à la Mémoire, Monsieur Todeschini, qui sera lu le 5 décembre prochain à Paris et dans nos régions devant les monuments aux Morts ou Mémoriaux, appelle un certain nombre de remarques.

Cette journée nationale est en hommage aux militaires Morts pour la France en AFN, de 1952 à 1962 et la Nation associe les rapatriés d’Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d’exactions commis durant la guerre d’Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d’Evian ( Comme le précise l’article 2 de la loi du 23 février 2005), ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l’hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord. Le discours omet de citer le texte integral.

Ces victimes civiles en Algérie furent principalement des Pieds noirs et des anciens supplétifs Harkis et leurs familles, ces dizaines de milliers de gens sans défense assassinées par des terroristes du FLN ou s’en réclamant, le plus souvent dans des conditions d’une cruauté inimaginable.

Cette journée est dédiée explicitement à la mémoire de ces victimes-là, civiles et militaires, et à leur sacrifices ou leur tragédie, pas à toutes les victimes de cette guerre, en incluant également celles de ce que l’on est forcé d’appeler « de l’autre camp ». Le Secrétaire d’Etat, dans ce discours du 5 décembre 2014 en parlant des centaines de milliers de morts de la guerre d’Algérie, semble inclurent tous les morts, dans leur ensemble comme le texte de la commémoration officielle du 19 mars le laisse entendre en ne parlant pas explicitement d’hommage aux Morts pour la France ou victimes civiles associées. Ce n’est pas la même chose.

Dans la foulée, en y consacrant la moitié de son discours, il lance un appel «  à la réconciliation et à tendre la main vers l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, pour construire une mémoire partagée, gage de paix et d’amitié. …Et il incite les jeunes générations à tisser des liens avec l’autre rive de la Méditerranée, ce fantastique berceau de civilisation, pour être le creuset d’une coopération au XXI ème siècle »
Bien sur la paix et l’apaisement ne peuvent être que recherchés comme le respect des mémoires.

Mais concernant la mémoire et la réconciliation, il n’est pas correct de mettre sur le même plan ces trois pays qui ont des histoires spécifiques avec le nôtre et des attitudes à l’égard de la France, de son histoire et de son peuple tout à fait différentes depuis les indépendances. On ne peut pas non plus confondre les échanges entre les peuples et les comportements des Etats concernant la mémoire de cette période 1952/1962, surtout pas en ce jour d’hommage national aux victimes.

S’agissant spécifiquement de l’Algérie, le préalable à une réconciliation durable, à un véritable apaisement et une coopération franche et « multilatérale », avant même de parler d’amitié, reste la reconnaissance de la vérité des faits tragiques de cette époque et les gestes de respect des deux côtés. Ce n’est pas ce que l’on constate depuis des années et ce travail est donc loin d’être accompli.

Alors pour le moment pour beaucoup de Français qui ont souffert de ces tragédies, il s’agit encore 60 ans après, d’abord de douleur, de deuil et de recherche de vérité, de justice et de respect.

Avant de tourner une page d’histoire il faut l’écrire honnêtement, courageusement et ensemble. Cela a été fait avec d’autres pays et pour d’autres tragédies, toutes aussi douloureuses, on peut donc encore en former le vœu à propos de la guerre d’Algérie.

G. Bonnier

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