Comité de liaison (CLAN-R)

Historique du Comité de Liaison

vendredi 24 juillet 2009 par Rédaction

HISTORIQUE DU CLAN

Depuis l’abandon des territoires placés sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France, des associations nationales de Français rapatriés se sont constituées avec pour objectif de défendre au mieux les intérêts de leurs mandants et de faire rétablir ceux-ci dans leurs droits.

L’arrêté du 19 avril 1971, paru au Journal officiel du 24 avril 1971, a établi une liste d’associations nationales représentatives, reconnues par l’Etat :

- FNR,
- FRANCE-AFRIQUE,
- GNPI,
- MAFA,
- RANFRAN,
- UCDAR,
- ANFANOMA,
- Union des Français de l’Etranger (UFE).

Si l’U.F.E. s’est rapidement retirée de ce groupe, les sept autres associations, réunies autour du Ministre Jacques Augarde, ancien Maire de Bougie, Président de France-Afrique, ont, dès cette époque, entretenu entre elles des rapports de collaboration.

Par la suite, ce groupe informel s’est étoffé ; sont venues le rejoindre l’ Algérienne (aujourd’hui CAPFA), l’AFNART, l’ARMR, l’USDIFRA et VERITAS.

En vue d’atteindre une plus grande efficacité, le 28 janvier 2000, ces associations se sont dotées d’une structure juridique formelle en constituant une fédération, le Comité de Liaison des Associations Nationales de Rapatriés, le CLAN-R (Décret 20/22, publié au Journal officiel du 26 février 2000, N° 2022,p.1045-Modification d’adresse 24/02/2007-N° 1523) qui devait, évidemment,
porter à sa présidence le Ministre Augarde.

D’autres associations se sont alors jointes à elles : ADIMAD SUD, AFV 26 mars 1962, CNRA, MAN, SFDA.

Depuis que ses statuts ont été amendés, au cours de l’Assemblée générale extraordinaire tenue le 18 octobre 2002, le CLAN-R est une fédération qui a vocation à rassembler non seulement les associations nationales mais, bien au-delà, l’ensemble des associations de Rapatriés, et donc aussi les associations régionales et locales, qu’elles soient revendicatives ou non.

A l’action que la fédération mène sont associées non seulement les associations qui ont rejoint sa structure ou sont sur le point de le faire, mais aussi un très grand nombre d’autres associations qui, bien que se situant en-dehors du CLAN, ont souhaité établir, avec le Comité de liaison une coopération renouvelée et plus étroite.

Un comité de coordination, qui rassemble associations membres du CLAN et associations non membres, a d’ailleurs été constitué en mars 2007 et fonctionne de façon très satisfaisante ; il a élaboré la Charte nationale des Rapatriés.

L’action menée par les associations regroupées dans le CLAN a abouti, au fil des années, à la mise en place de diverses structures nationales, à la promulgation de différents textes législatifs et à la publication de très nombreux textes relevant du domaine réglementaire.

Depuis le 9 novembre 2006, suite au décès du Ministre Augarde survenu le 19 juillet, le CLAN est présidé par M.Denis Fadda.


LE MINISTRE JACQUES AUGARDE FONDATEUR DU CLAN-R

Né à Agen, en 1908, Jacques AUGARDE appartient à une famille liée à l’Afrique du Nord et particulièrement à l’Algérie depuis trois générations. Patriote au plus haut point, il s’évade dans des conditions héroïques lorsque la France est occupée, pour gagner l’Afrique du Nord où il n’arrivera qu’après avoir passé de très longs mois dans les prisons espagnoles.

Au Maroc, il s’engage dans les Goums puis dans les Tabors. Avec les Tabors, il fera comme officier, la campagne d’Italie, débarquera en Provence pour ensuite faire les campagnes de France et d’Allemagne dans des conditions exemplaires qui lui vaudront la croix de guerre avec palme.

Il sera Membre de l’Assemblée constituante, Député, Sénateur, Conseiller général, Ministre, plus tard Membre du Conseil économique et social mais le mandat qui pour lui comptera le plus sera celui de Maire de Bougie, ville qu’il aimait profondément et à laquelle il a beaucoup donné.

Rentré en France après l’exode, il se dévouera avec une abnégation rare à la cause des Rapatriés tant à la tête de l’Association de coopération et de liaison France-Afrique - dont il fut le fondateur, dès 1962 - qu’à la tête du Comité de liaison des associations nationales de Rapatriés dont il fut aussi le fondateur.

On peut dire qu’ il n’ y a pas une mesure adoptée en faveur des Rapatriés qui n’ait porté sa marque.

Il s’est consacré totalement aux Rapatriés et pourtant ses charges et responsabilités étaient grandes, car de toutes parts on faisait appel à lui. Les anciens sénateurs, comme les anciens députés et l’Association européenne des anciens parlementaires, entre autres, lui demandèrent de les présider.

Ecrivain et poète de grand talent, il était aussi Membre de l’Académie des Sciences d’Oute-Mer, Membre de l’Académie de Languedoc, Président honoraire de l’Association des écrivains de langue française.

Denis Fadda


HOMMAGE AU MINISTRE JACQUES AUGARDE

Hommage prononcé par M.Denis Fadda en l’Eglise Sainte-Geneviève des Grandes Carrières, lors des obsèques du Ministre Jacques Augarde, le 21 juillet 2006

Dans les années quatre-vingts, répondant un jour à la question « en quel siècle auriez-vous aimé vivre ? », sans la moindre hésitation, vous avez dit, cher Ministre, cher Président, « au XXI me siècle bien sûr », laissant sans voix le journaliste qui se proposait de brosser votre portrait et qui, connaissant l’homme de culture que vous êtes, s’attendait sans doute à vous entendre évoquer le XIX me, le XVIII me siècle voire l’Antiquité.

Vous êtes tout entier dans cette réponse donnée ce jour-là. Eternellement optimiste, regardant devant, construisant toujours, mais construisant dans le respect attentif du passé, dans la fidélité.

Dans le respect de ceux qui nous ont précédé et, avant tout, vos chers Tabors que vous aviez rejoints au sortir des geôles espagnoles. Ces Tabors avec qui vous êtres entrés dans Rome, avec qui vous avez combattu ensuite en Provence, en Alsace, en Allemagne et jusqu’à Berchtesgaden. Vous, leur officier, leur protecteur, vous leur avez été fidèle toute votre vie, leur consacrant des ouvrages dont on tira un film.

Fidélité au Maroc, à l’Algérie, à cette Algérie que vous avez tant aimée et si bien servie, comme l’ont fait d’ailleurs, avant vous, votre père et votre grand-père, tous deux médecins généraux.

Fidélité à votre chère ville de Bougie. Cette fidélité vous l’avez manifestée jusqu’au bout, faisant probablement vôtre cette phrase de Dos Passos : « Vous pouvez arracher l’homme du pays mais vous ne pouvez arracher le pays du cœur de l’homme ».

Que les bougiotes ont eu de chance de vous avoir comme maire, député, sénateur, conseiller général !

Vous avez œuvré pour eux inlassablement, permettant un développement économique étonnant de la ville – vous avez notamment obtenu que l’oléoduc d’Hassi Messaoud arrivât dans son port – menant, par ailleurs, une action sociale et culturelle remarquable et portant une attention telle aux questions d’éducation que Bougie a connu le taux de scolarisation le plus élevé de toute l’Afrique du Nord.

Et dans chacune de vos entreprises, il y avait à vos côtés votre merveilleuse épouse si discrète et si présente.

Votre enthousiasme, votre combativité, votre zèle, au sein de tant d’instances et au service de tant de causes ont été bien vite remarqués au sommet de l’Etat au point que Robert Schuman - le père de l’Europe dont vous deviez devenir l’ami – vous a appelé dans son gouvernement.

Et vous avez été le premier ministre chargé des Affaires musulmanes qu’ait connu la France ; ceci pour la plus grande fierté de tous les habitants de notre terre d’Algérie, de tous les Algériens.

Ces Algériens que vous n’avez jamais abandonnés, vous faisant un devoir impérieux de les accompagner dans l’adversité, dans toutes les épreuves, et d’agir, tant à la tête de France-Afrique qu’à la tête du Comité de liaison, pour que justice leur soit rendue.

Car, homme de fidélité, homme de devoir, ô combien !, vous êtes aussi un homme épris de justice qui, jusqu’à son dernier souffle, a cherché à faire entendre les légitimes attentes des Rapatriés et à apaiser leurs profondes douleurs.

Et avec quel dévouement !


HOMMAGE AU MINISTRE JACQUES AUGARDE

suite

Vous aidez, vous servez inlassablement, oubliant totalement de penser à vous-même avec cette grandeur d’âme qui distingue les élus.

Lorsque l’on sait les actions que vous n’avez jamais cessé de mener – pour nombre d’entre elles, d’ailleurs, avec mon père, l’édile de la capitale de l’Est algérien, à qui vous lie une indéfectible amitié – actions que vous avez menées avec tant d’abnégation, sans jamais vous décourager, on s’étonne que vous ayez pu aussi écrire autant que vous l’avez fait, construire une œuvre littéraire, obtenir des prix, présider des jurys littéraires ou de peinture, des sociétés de Beaux-Arts, faire autant que vous l’avez fait pour les arts, par amour du beau. Peut-être est-ce parce qu’avec Dostoïevski, qui a illuminé votre vie, vous pensez que « la beauté sauvera le monde ».

Je me garderai bien d’esquisser une liste de vos œuvres mais je soulignerai la diversité de votre inspiration : essais, certains sur les Balkans dont vous êtes l’un des meilleurs spécialistes ; biographies – votre remarquable biographie d’Alexandre de Yougoslavie, le souverain si injustement assassiné à Marseille, a été couronnée par l’Académie française – études historiques, préfaces à des ouvrages très divers, sans compter une très belle œuvre poétique qui vous a valu, elle aussi, un prix de l’Académie française. Cette semaine encore, vous avez travaillé à votre monumental ouvrage sur le général d’Amade que vous aviez à cœur d’achever.

La somme de vos écrits révèle à la fois l’acuité de votre sensibilité, la profondeur de votre réflexion et l’immensité de votre culture.

Les mots manquent pour définir une existence aussi riche, vécue avec autant d’intensité, dans laquelle même le sport a trouvé sa place. Car vous avez une passion pour le football que vous avez pratiqué avec beaucoup de bonheur et qui vous a amené à exercer de hautes fonctions dans ses instances nationales. En somme, cher Ministre, une vie que vous avez accomplie pleinement avec la sérénité de celui que la médiocrité a toujours épargné.

Je me souviens de l’embarras de notre confrère Durand-Réville qui, vous recevant à l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, se lamentait de ne pouvoir trouver de défauts en vous.

Oui, bien sûr, parce que votre vie terrestre a été une longue ligne droite, parce que vous êtes un être d’exception.

Etre d’exception car vous avez toujours été fidèle à vos idées, vous n’avez jamais renoncé à combattre pour elles et vous n’avez jamais hésité, non plus, ô vertu suprême !, à vous battre pour les idées de vos amis.

Homme d’exception, aussi, car le combattant exemplaire que vous êtes a su renoncer à certaines victoires pour ne pas avoir à utiliser des armes qu’il jugeait indignes, faisant sienne cette pensée de Camus : « Il s’agit de servir la dignité de l’homme par des moyens qui restent dignes au milieu d’une histoire qui ne l’est pas ». Et Dieu sait si dans certaines périodes – et je pense très précisément aux événements d’Algérie – combien il a été coûteux pour vous, quelle force morale il vous a fallu, pour suivre la ligne droite de la dignité.

Homme d’exception, encore, car bien que vous soyez un homme de raison, de justice, de mesure, vous êtes aussi capable de démesure, au sens que lui donne Saint-Augustin quand il écrit « la mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure » - et c’est bien le souffle de Dieu qui vous porte à aimer les autres, tous les autres, qui qu’ils soient et d’où qu’ils viennent.

A l’image de l’authentique chrétien que vous êtes, saurons-nous, à notre tour, « être en mesure d’être démesurés » ?

Nous sommes tous ici, une fois encore rassemblés aujourd’hui autour de vous, vous le rassembleur, cher Ministre ; une fois encore, mais non pour la dernière fois, car vous allez continuer de nous accompagner, de nous guider, tous les jours, nous éclairant de votre vie exemplaire et dans la certitude que nous avons, avec vous, que rien n’est jamais fini.

Denis FADDA


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